Le troisième yama est Asteya : honnêteté, non-convoitise, respect de ce qui appartient à autrui.
La convoitise se concrétise dans de multiples domaines : le vol physique, par lequel on s’approprie un objet par supercherie, par force, à la dérobée ou sans en demander la permission. Le vol intellectuel: celui par lequel on s’approprie l’idée ou le fruit du travail d’autrui, ce qui revient à lui voler ses mérites, sa dignité, sa fierté.
L’appropriation malhonnête s’enracine dans des « nÅ“uds » que nous voudrions enfouir profondément. La sagesse indienne nous enseigne que la convoitise n’est que la manifestation de la peur de manquer.
Cette peur s’explique par des situations dans notre enfance où nous avons eu la sensation d’être privés de bien-être, de sécurité, sur le plan matériel ou affectif. Qui n’a jamais ressenti de telles frustrations ? Elles sont inévitables mais, avec le temps, on doit devenir capable d’objectiver les choses et d’expérimenter que la convoitise ne nous apporte rien de positif. Au contraire, elle est cause de souffrance car elle nous empêche d’apprécier ce que nous avons.
Ce que nous n’avons pas gagné par l’effort ne nous a pas été donné. Par contre, ce qui nous appartient est tout ce qui nous a été donné par notre propre travail, et cela nous donnera de la joie. Un aphorisme (II - 37) de Patanjali révèle : « tous les joyaux apparaissent à qui est fermement établi dans l’honnêteté ».
Si on désire un objet nous devons réaliser qu’il nous faut payer son prix d’une façon ou d’une autre. Cela produit une harmonie mentale qui engendre à son tour une stabilité personnelle et un équilibre global. A l’inverse, le vol plonge la personne dans un état de tension et de peur d’être démasqué. Même si les médias et les fictions semblent parfois suggérer que les escrocs restent impunis par la justice, les tensions négatives qui les habitent finissent par les user de façon précoce et les poussent, par exemple, à consommer des substances toxiques.
Le pratiquant s’abstiendra de voler (en action, en pensées et en paroles) parce que le besoin de s’approprier des possessions d’autrui est le signe d’une insatisfaction perpétuelle qui engendre et nourrit le cycle sans fin de pensées et d’émotions destructrices.
Le fameux proverbe occidental « Bien mal acquis ne profite jamais » rejoint totalement les préceptes enseignés par les maîtres orientaux !Â
Dans un prochain article, nous aborderons le 4ème yama : brahmacharya  «conduite divine »
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